Voici le texte de présentation du site du CDSE : Club des Directeurs de la Sécurité d'Entreprise. Il présente le rapport qu'entretiennent les entreprises françaises vis à vis du risk management, mais sachez que cette vision du risk management n'est pas exclusive et exhaustive. Il s'agit d'une vision Sécurité/Sûreté du Risk Management. Il manque, je trouve, les aspects Finance/Assurance qui aurait donner une vision plus complète de la discipline.
On voit la différence avec l'AMRAE, partie sur des souches "Assurance".
Très intéressant également, je suis content de connaitre ce club, car en effet, personnellement et au vu des articles d'analyse et de reprise de faits d'actualité, je reconnais bien là ma motivation pour la gestion des risques, bien plus que sur des questions de gestion des risques financiers.
Donc, ok pour que la finance soit laissée de côté, mais pas l'assurance. C'est très très important de connaitre et de parler Sécurité/sureté en ayant à l'esprit les logiques et possibilités assurantielles. Car même si nous cherchons par notre démarche de risk manager d'en diminuer le recours, les assurances restent et continueront d'être essentielles.
Voici donc cette présentation, que vous trouverez également sur le site internet du CDSE. Je vous laisse en faire votre lecture.
"Dans sa recherche de compétitivité, l’entreprise moderne se trouve de plus en plus confrontée à des malveillances internes ou externes. Les stratégies de ripostes à mettre en place prennent diverses appellations : intelligence économique, sécurité, sûreté… qui démontrent en fait les incertitudes encore liées au phénomène.
Disons le de prime abord : si les entreprises françaises ont parfaitement rattrapé le retard historique qu’elles ont pu avoir sur leurs homologues anglo-saxonnes, il reste un domaine où elles manquent encore de maturité : celui de la protection de leurs intérêts vitaux à tous les stades de leur exercice. Ce fait est inquiétant en ces temps de globalisation galopante.
Face à ce qu’on peut appeler une quasi immunodéficience industrielle, comment mobiliser les énergies de tous les acteurs, publics et privés pour y remédier ? Comment aider et amplifier la mission exploratoire confiée au Haut Responsable de l’Intelligence Economique, Alain Juillet? C’est l’enjeu que s’est fixé le CDSE, présidé par François Roussely. Fort de professionnels dotés d’une solide expérience, ce Club entend promouvoir et faire évoluer la fonction sûreté des entreprises à travers la définition du référentiel métier, la mise au point de normes, formations et certifications, la communication sur les enjeux en cours avec toutes les parties prenantes, y compris au niveau européen, et la création d’un partenariat redéfini avec l’Etat.
Le CDSE dresse d’abord un constat objectif et non polémique. Si la sûreté d’entreprise n’est pas reconnue à sa juste place, cela provient en partie de la tradition française, seulement remise en cause récemment, d’exercice unilatéral de la sécurité par l’État. Il y a encore trop d’ignorance et de suspicion mutuelle entre ces deux acteurs sociaux. Le manque avéré de complémentarité n’a pas permis de faire émerger avec clarté un nouveau type de manager : le responsable sûreté/sécurité d’entreprise, avec un profil parfaitement identifié permettant de recruter des professionnels adaptés à la fonction. Pour l’instant ces missions sont encore séparées en différents pôles (assurance, informatique, conformité aux textes…), qui ne travaillent pas assez ensemble et ne voient pas ce qui les unit. D’où une perte significative d’efficacité dans les organisations.
La globalisation est le facteur déclenchant de la prise de conscience actuelle. Outre la vitesse de communication et sa démocratisation extrême, l’éclatement des notions de temps et d’espace, le fait le plus significatif de la mondialisation en cours est sans doute que c’est l’entreprise multinationale qui y joue le rôle inattendu de dénominateur commun. C’est elle en effet qui épouse le mieux la tendance de fond de ce mouvement : ignorer les frontières, pour mieux imposer ses produits certes, mais aussi des « binding rules », sortes de règles médianes applicables à tous quelles que soient les différences locales.
L’entreprise moderne est partout et nulle part à la fois. Elle est « glocale», globale et locale en même temps. Elle incarne une nouvelle sorte d’universalisme, y compris sur un plan moral, d’où la responsabilité sociale qu’elle endosse partout où elle se développe. D’où aussi l’apparition de nouvelles catégories de partenaires comme les stakeholders. L’entreprise s’organise en fonction de ces nouveaux défis : la manipulation et la circulation de l’information y deviennent essentielles, concurrençant ainsi l’Etat dont c’était auparavant l’apanage et qui n’est plus seul sur ce terrain. La notion de flux tendus remplace celle de stocks. On y parle de résilience, de cyndinique.. Autant de termes qui cherchent à décrire le fait qu’aujourd’hui on ne peut plus penser la sécurité/sûreté en termes de frontières mais d’ouvertures et de communication.
Autour d’un noyau dur de plus en plus restreint, l’entreprise d’aujourd’hui fait travailler dans le monde entier, grâce aux outils d’information, de multiples prestataires reliés en réseau. Prestataires dont la taille varie à l’infini, jusqu’à la personne physique isolée qui peut néanmoins disposer de l’ensemble du réseau de l’entreprise ainsi « étendue ». L’interdépendance des grandes, moyennes et petites entreprises n’a jamais été aussi forte en conséquence. Avec ce nouveau risque de voir une seule personne, par ses accès privilégiés, rendue capable de porter un préjudice extrême à toute une organisation mondiale. Forme de terrorisme qui montre que le 11 septembre n’était peut-être qu’une préfiguration de ce que serait demain si nous n’agissons pas pour doter le tissu entrepreneurial d’anticorps capables de détecter les attaques et d’y faire face.
Le CDSE se fixe comme premier but de participer à la création d’un référentiel métier clair sur ces thèmes. Il faut savoir quel est le périmètre exact de cette nouvelle fonction. La protection des personnes et des biens en premier lieu. Mais aussi une capacité de conduire des investigations et des recherches prospectives d’intelligence économique. Le lien avec la sécurité des systèmes d’information est évident. Reste à savoir si on souhaite y rattacher l’évaluation du risque matériel, l’assurance…Il faut déjà réfléchir à ces enjeux. Cela permettra de mieux choisir les hommes et femmes chargés de ces missions, de favoriser les passerelles et les mobilités dans tous les sens, y compris avec l’Etat car l’Etat et l’entreprise doivent s’enrichir par des échanges reflétant la chute de toutes les barrières et la mise en commun des intérêts mutuels.
Pour aboutir à ce référentiel « responsable de sûreté d’entreprise » et l’imposer peu à peu, il faut non seulement convaincre les l’entreprises de l’utilité de la fonction, mais également les agences de notation. Le but est de parvenir à faire de la sûreté d’entreprise une composante obligatoire des sociétés, avec des systèmes de certification à la clé qui restent à créer. Sans doute faut-il aussi en tirer toutes les conséquences en termes de recrutement et de formation, d’où le partenariat que le CDSE vient de valider avec l’IERSE. La recherche active d’un dialogue avec d’autres associations présentes sur le même terrain va dans le même sens. Les groupes de travail du CDSE explorent ces pistes.
Mais comment parvenir à ces buts sans l’aide d’un Etat prêt à jouer un rôle de second plan sans avoir le sentiment de se dévaluer ? Le CDSE veut participer au dialogue qui va s’ouvrir pour la refonte des services de renseignement dans une grande Direction du Renseignement Intérieur. Si DST, RG, INHES, IHEDN pensent à se rapprocher, cela doit naissance à une chaire « sûreté du tissu industriel » pour mieux accompagner les défis de la globalisation.
Un guichet unique pour les entreprises sur tout le territoire grâce à la nouvelle organisation territoriale que l’on espère ? Pourquoi pas ? Cela existe déjà dans de nombreux lieux et pays. C’est devenu indispensable pour apprendre à se parler et échanger de l’information sans complexe. Etat et entreprises ne peuvent plus se permettre de se regarder en chiens de faïence se méfiant l’un de l’autre. Il faut contribuer à renouer des fils dans tous les domaines, y compris dans le judiciaire, y compris dans la présence française à l’étranger avec le MAE avec lequel la décision de principe de faire participer le CDSE aux cellules de crise en cas de besoin a été prise.
Pourquoi ne pas aller plus loin, vers une refonte des procédures d’habilitation des directeurs de sûreté d’entreprise avec plusieurs niveaux ? Ainsi se trouverait matérialisée la réalité que la sécurité du privé est elle aussi de plus en plus hiérarchisée. Ainsi surtout les entreprises seraient fortement incitées à se doter d’un responsable du guichet unique, lequel verrait sa fonction reconnue de facto et largement répandue. Par ce biais très indirect l’Etat participerait à la défense du tissu industriel sans engager aucun de ses moyens.
Les enjeux sont considérables et le CDSE a la ferme intention d’explorer sans tabou les pistes permettant d’y répondre efficacement. Son but étant bien de contribuer, par la reconnaissance d’une fonction encore trop nouvelle aux yeux de beaucoup, à la modernisation de la protection souple et efficace du patrimoine industriel étendu où l’Etat apporterait son soutien actif de façon claire et transparente.
Hervé PIERRE, Vice-Président du CDSE"
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(Mai 2008)