Posté le 09.11.2007 par riskmanagerloictournez
Je précise tout d'abord, l'ESM-A signifie Ecole Supérieure de Management en Alternance, du groupe HEMA, Haute Ecole de Management en Alternance. Je ne sais pas si elle est leader dans ce créneau de l'alternance, mais en tout cas elle y est fortement implantée.
Elle est la recomposition d'une ancienne ESC, celle toute petite de Marne la Vallée, la plus petite des ESC je crois bien. Peut être en ont ils eu marre, que cette formule plus innovante et certainement plus efficace est apparue, dans le milieu des années 90.
Les cours qui y sont donnés sont pour beaucoup ceux de professionnels et anciens du métier. C'est une organisation qui n'a pas toute la rigueur des Ecoles les plus réputées, mais il y fait bon apprendre dans un contexte plus humain, un rapport plus proche avec l'enseignant, et donc la possibilité de mieux saisir les enseignements. Alliée à la forte expérience professionnelle, la formule reste très efficace.
Votre gros souci sera de trouver ce fameux stage. Beaucoup d'étudiants, alors que les cours ont débutés depuis un mois, n'en ont toujours pas. L'angoisse comme vous pouvez l'imaginer.
Pour ce qui concerne la promo pRISKo, les étudiants du 3ème cycle "management des risques", tous ont un stage de qualité. 100% de stages allant de 16 à 13 mois de durée. C'est du joli. Donc la formule, alliée à la bonne filière, voilà la recette pour tout étudiant qui a envi de se lancer.
Je précise, et qui me tiens à coeur, ce n'est pas parce qu'il s'agit d'une forte professionnalisation qu'il faut y voir un quelconque rabais par rapport à d'autres masters pro. D'une, l'année est sur une plus longue période, donc l'enseignement théorique y est en même quantité, sûrement même plus important car en 3ècycle pro normal vous aurez un stage de 4 à 6 mois pendant lesquels vous n'aurez aucun cours. Et en plus, votre expérience pro est beaucoup plus forte car vous suivez la saisonnalité de l'entreprise, vous y êtes intégré plus vite et plus fortement . Donc au contraire, il ne s'agit pas d'un master à moindre qualité, mais d'un master intensif, dont le rythme est lourd à assumer, bien copieux. Il rattrappe certains retards accumulés par le passé côté pro, si vous voyez ce que je veux dire.... Il est vrai que venant d'Université, de Science Politique, la professionnalisation, à part théoriquement, on ne connait pas vraiment. Arrivé en M2 sans avoir eu de stage alors qu'on opte pour une filière pro, c'est pas génial. Il a donc bien fallu rattraper ce retard grâce à cette formule, dans une filière qu'est le risk management et qui me nourri copieusement intellectuellement aussi. Imaginez l'espace du possible dans ce domaine!!
voilà, je pense avoir donné une bonne ébauche de ce qu'il me semblait important de préciser pour que vous puissiez voir autre chose que ce qu'il est vendu (Grandes Ecoles) ou imposé (université) plus couramment.
Faites votre orientation, avec sérieux et suffisemment à l'avance. Pas au collège bien sûr. Mais le mieux est de commencer à préciser les choses en sorti de lycée et impératif pour l'après Bac +2. Le coup final sera porté dans votre choix en Bac +5. Vous aurez d'autant plus de choix pour votre master que vous aurez bien fait votre orientation ultérieure. Bonne orientation = plus de motivation, meilleures notes, et meilleure cohérence de parcours, voire une "bonne originalité" de parcours. vous limitez très fortement la possibilité de vous retrouver dans le seul master où on vous a accepté et dont vous ne connaissez toujours pas les débouchés. Dans ce cas, il y a encore une possibilité, motivez vous pour passer les oraux de l'ESM-A pour entrer dans un master bien selectionné. Vous vous professionnaliserez, ce qui est moins pompant que de rester assis à écouter des cours qui ne nous plaisent pas plus que ça. Vous découvrez comme cela un métier et vous avez une orientation qui vous apportera de la valeur ajoutée.
Tous plein de cas et parcours sont possibles partant de là.
En espérant que vous trouverez le votre,
bonnes études.
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Posté le 13.12.2007 par riskmanagerloictournez
Il ne devrait pas être nécessaire de faire un article servant à illustrer les besoins d'un service risk management dans les organisations, y compris les entreprises, et ce, quelque soit la taille. Mais je vais le faire quand même, à travers ces 2 exemples, ne serait ce pour prouver les bienfaits que notre métier a la chance de réaliser.
En Italie, il vous suffit d'aller sur un Internet pour trouver foison d'accidents graves du travail, d'incendies et tuti cunti révélant une lacune très importante côté sécurité. Mais si la sécurité manque, c'est parce qu'avant tout le risk management manque de manière général. Le métier de risk management est en effet nouveau, mais seulement sous sa forme contemporaine et totalement détachée d'autres fonctions. Autrement, le risk management n'a rien de nouveau. Plus qu'un métier, il est avant tout une démarche, et plus précisément un démarche responsable et pro active. Il y a toujours eu des managers avec ces qualités. En Italie, il semble que cela manque, le risk management doit y être implanté au plus vite (avis aux futurs entrepreneurs français qui iraient s'y implanter ou à ceux qui ont des fournisseurs en provenance).
je prendrai donc 2 exemples : un incendie du 28 novembre 2002 et récemment, une usine ThyssenKrupp à Turin faisant respectivement 4 blessés et une forte pollution d'un côté, et 4 morts et une dizaine de blessés de l'autre.
Autre exemple, Sanofi Aventis qui doit faire face à ses responsabilités vis à vis d'un produit défectueux, le vaccin contre l'hépatite B. Le facteur aggravant est que l'entreprise était peut être au courant de ces possibles effets!!!
Et le risk management là dedans ?
L'accident du 28 novembre 2002 : les autorités pointeront le manque de procédure concernant le fonctionnement en mode dégradé (température élevée) et les risques associés, ainsi que l’absence de mesure de pression sur les réservoirs impactés. La possibilité d’une montée en pression dans les réservoirs de TDI/goudrons et d’une éventuelle réaction exothermique n’avait pas été identifiée lors de l’évaluation des risques du procédé.
L'incendie du 6 décembre 2007 ThyssenKrupp : il est la cerise sur le gateau en Italie. L'entreprise ThysseKrupp récolte avec un seul incendie plusieurs risques : Image dégradée car la presse en fait un bouc émissaire de tous les accidents du travail connus en Italie (surenchéri par 2 accidents du travails mortels le vendredi 7 décembre chez Fiat à Cassino, et sur un chantier de construction en Lonbardie). De plus, Social, car les ouvriers qui alimentent la polémique en parlant de leur mauvaise condition de travail, ont organisé une grêve quelques jours après l'incendie. Légal, car la responsabilité pénale de l'employeur est mise en cause. Stratégique, car la transition pour opérer à une concentration des sites à Terni afin d'augmenter la courbe d'expérience et faire des économies, n'est plus aussi rentable. Enfin, Matériel, pour réparer et rendre de nouveau opérationnel le site. Le risk management aurait certainement pris plus en compte les remarques des ouvriers faites par défaut devant les médias après sinistre, qui sont de dire qu'il y avait une application peu rigoureuse des mesures de sécurité. Autre facteur agravant, les conditions de travail. Elles étaient mauvaises selon les ouvriers et l'intensité de travail était trop importante depuis qu'une partie des employés était partie sur le site de Terni (future fermeture de Turin et concentration à Terni). L'objectif stratégique de concentration des 2 sites a été donc mal appréciée en terme de risques. On s'aperçoit aujourd'hui, malheureusement trop tard, que les dégâts matériels, humains et économiques sont de par cette erreur d'appréciation, beaucoup trop élevés, pour la collectivité, pour l'entreprise, pour les familles des défuns, et pour toutes les autres familles dont un membre travaillait sur le site.
Autre incident, tout aussi catastrophique, voir pire à mes yeux, les laoratoires pharmaceutiques (dont Sanofi) et le vaccin contre l'hepatite B : Une bonne gestion des risques n'aurait jamais permis à un tel produit d'être mis sur le marché sans plus de certitudes. Typiquement, dans un senario où la demande serait supérieure à l'offre, avec des concurrents possibles si on ne se dépêche pas (peur de l'entrepreneur, plus qu'un véritable risque), dans un tel cas, ce qui est vrai pour tout métier et marché avec cette configuration, la production va primer sur tout autre chose. Produire le plus vite et le plus fort possible. L'impatience est envahissante dans ce cas, et le risk manager a pour rôle de savoir la rassurer et canaliser. Ce qui n'a pas été fait visiblement. Avec cela, les risques ont été et sont : Produits défectueux, perte d'image, sanctions judiciaires, perte de crédibilité vis à vis de leur présence dans des associations de responsablité sociale des métiers du médicament (Leem), Malaise des employers et chercheurs de l'entreprise, voir un risque de compromission politique pour qu'une telle affaire ne fasse pas la Une des médias et que cela soit avéré à l'avenir... Là je vais loin tout de même mais n'est ce pas ce qu'on nous demande, d'être de véritables poil à gratter...
Voila, si des commentaires sont à faire, n'étant qu'étudiant, je suis ouvert à toute infos, remise en question ou autre.
Loïc
Posté le 02.01.2008 par riskmanagerloictournez
Il s'agit ici de lister vos principales préoccupations concernant la gestion de crise selon ce que j'ai pu voir, lire et comprendre :
De manière générale, vous souhaitez :
1/collecter et partager des informations sur les sujets d'actualité
2/avoir une réflexion sur les sujets en lien avec votre activité
3/apprendre de la confrontation d'expériences et de pratiques.
Plus particulièrement, vous vous intéressez à la communication interne et externe en cas de crise, ou tout simplement pour communiquer sur le Risk Management et faire de la prévention. Vous cherchez aussi à connaitre les dispositifs possibles et imaginés en cas de crise et catastrophe. Vous voulez connaître les limites de responsabilité de votre entreprise dans ces cas. Ou encore, quel est le rôle et responsabilité du risk manager dans la mise en place des dispositifs.
Toutes ces questions sont en effet essentielles et c'est une des raisons pour laquelle ce blog a été créé, ainsi que le forum
http://riskmanager.big-forum.net.
Maintenant que ces préoccupations sont listés, je m'y référerai pour écrire de prochains articles et donner certains éléments de réponse.
En attendant, pour commencer, la gestion de crise sera déjà bien abordée si dors et déjà vous tentez de vous rapporcher de l'objectif prioritaire en matière de BCM qui consiste à Etudier et Tester des alternatives à l’informatique, à l’utilisation d’internet, au supply chain existant, aux fournisseurs actuels et habituels, à l’accès aux sites de R&D, production et personnalisation. Une fois ceci fait, votre entreprise est déjà bien protégée. Il reste par la suite à détailler, relier à d'autres activités et services de l'entreprise, et à modeler et à habiller en fonction de scénarios.
Bon courage et plein de plaisir!
Posté le 02.01.2008 par riskmanagerloictournez
Posté le 02.01.2008 par riskmanagerloictournez
[COLOR=gray]Management des risques, des crises et des assurances
Entreprises, Secteur de la Santé ou Collectivités Territoriales
J'ai 24 ans,
vivant maritalement
avec un enfant
à Savigny sur Orge dans le 91
Permis B obtenu en 2002
FORMATIONS
=>
2007-2008 Master Spécialisé en alternance Management des Risques, Ecole Supérieure de Management en Alternance (ESM-A), Lognes (77).
Management au quotidien
Risk Management Hospitalier
Management de la Qualité
Gestion de projet par les risques
Contrôle Interne
Gestion de Crise
Assurances des entreprises
Intelligence Economique
Marketing
Comptabilité
...
Et de nombreux séminaires sur la présentation et la gestion de risques ciblés = Risques Majeurs et Collectivité Territoriales face à ces risques, Risques organisationnels, Risques financiers, Risques Clients, Risques Informatiques, Risques internationaux, Risques HSE, Risques professionnels, Risques informationnels, Risques Ressources Humaines...
Sujet de mémoire de spécialisation:
"
Optimiser, de la création au déploiement, son Plan de Continuité d'Activité"
Titre :
"
Risk Management : Comment élaborer et piloter un cycle de vie de Plan de Continuité d'Activité dans une entreprise de type centralisée et multi sites ?"
=>
2006-2007 Master 1 Science Politique, Management du Risque, Université de Nanterre (92), assez bien
mémoire sur la « modernisation de la SNCF et du Service Public » et travaux de recherche sur la transparence internationale,
Complément en Science Économique Monnaie Banque Finance
=>
2005-2006 Licence 3 Science Politique, Université Paris II Panthéon Assas (6ème arr.), assez bien
=>
2003-2005 DEUG Administration Gestion, Université d'Orléans (45), assez bien
=>
2001-2002 Baccalauréat Économique et Social, académie Orléans -Tours
Compétences acquises en Langues : Anglais (fondamentaux), Allemand (notions scolaires)
& Bureautique : Usage courant Word, Excel, Power Point, Internet
EXPERIENCES PROFESSIONNELLES
=> Septembre 2007 à Decembre 2008
Stage en alternance de 16 mois,
Assistant Risk Manager de la Responsable Risques et Assurances Groupe de GEMALTO, ex filiale SCHLUMBERGER
Participation à la mise en place d'une cartographie des risques, à la gestion quotidienne des assurances du groupe et du courtage; Conception de support méthodologique sur la conception d'un Plan de Continuité d'Activité, plan de préparation Grippe Aviaire, participation à la customization d'un système d'information RM, suivi et reporting de recommendations d'assureurs, relance, consolidation d'informations, visite de prévention de sites, études de sinistralité, veille informationnelle et méthodologique...
=> Juillet - Août 2005 et 2006
Vendeur SNCF, Orléans (45)
Vente d'une gamme de produits, accueil clientèle, gestion de conflits
=> Sept.2005
Agent de tri de La Poste, Les Aubrais (45)
Tri de courrier, gestion des flux et mécanicité
=> 2003-2005
Soutien scolaire de deux enfants niveau collège
aide au devoir sur toutes matières, apprentissage de l'organisation et ouverture sur l'orientation, soutien psychologique et conseils aux élèves et parents
=> Sept. 2002 à Sept 2003
Agent de sécurité chez Forestall à E.Leclerc des Aubrais (45)
Veiller à la sécurité des clients pendant grands travaux, anticiper les malveillances
=> Juillet - Août 2002 et 2004
Agent de surveillance Securitas pour Gemey à Ormes(45)
Responsable des entrées et sorties du site, sécurité incendie, premier accueil
AUTRES ACTIVITES COURANTES
Associatif : Animations politiques et associatives
Culture : Lecture du quotidien Le Monde ; Ouvrages de sciences sociales et politiques ; Cinéma
Sports et Jeux: Ceinture noire de judo: compétitions nationales, arbitrage niveau F1; Boxe anglaise; Canoë-kayak; Echecs; Jeux de stratégie
Posté le 03.01.2008 par riskmanagerloictournez
Il y a deux façons de montrer que la gesiton de crise est à prendre au sérieux.
D'une part, la crise en elle même. Savoir ce qu'est une crise, permet de comprendre qu'il ne faut pas prendre ce genre d'évènement à la légère, surtout quand l'entreprise est le vivrier de plusieurs miliers de personnes derrières pour se nourrir, s'épanouir, construire...
Allons y alors. La crise n'est pas un évènement, cela ne suffit pas pour être jugé comme tel. Une crise n'est pas non plus déterminée en fonction de l'intervention des médias (les médias ne sont pas sur toutes les crises qui existent, seules les plus lourdes pour la société toute entière les interessent). Une crise n'est pas non plus restreinte à la notion de "perte importante" (économique, matérielle ou humaine) car une perte peut ne pas entraîner une crise selon la vulnérabilité de l'entreprise ou non à cette perte. Un mort chez Renault, de plus par suicide donc non directement par la "mains" de l'entreprise, aura pour effet d'entraîner une crise qu'il n'y aura pas en Amérique Latine dans une entreprise de transformation de la viande où chaque jour des ADT voir des décès sont recensés.
La définition de la crise qui sera retenu ici est la suivante : C'est une situation, une situation d'urgence, une situation d'unrgence qui déborde les capacités, une menace de désagrégation du système, et enfin une menace de désintégration de l'univers de référence.
D'autre part, le comportement des acteurs permet de prendre également conscience qu'il ne faut pas prendre ce genre de situation à la légère. Les comportements contre producteurs sont nombreux pendant la crise. Mais ceux auxquels il faut s'attacher sont ceux de l'Avant et de l'Après crise.
Avant, on affronte souvent la volonté de ne pas voir.
Après, la volonté de ne pas se souvenir!
C'est une première difficulté qui reste relativement simple à évincer avec un peu de volonté justement.
Entre en jeux aussi les relations de pouvoir qui gravite autour de cette question. Pendant longtemps et encore majoritairement aujourd'hui, la problématique de gestion de crise était abordée par différents services de l'entreprise, à différents niveaux. Nous avons alors un ensemble d'entreprises qui, si elles n'ont pas un amas de plans de gestion de crise très hétérogènes, peut être incompatibles entre eux, ont une implication très inégalitaire des différents services. Ces déséquilibres remettent en cause la nécessaire efficacité et précision que l'objet doit avoir.
Avoir un département risk management ou direction "risques", avec suffisemment de moyens pour fonctionner (financiers, humains, matériels, et symboliques), reste la solution la plus adaptée pour être sûr que cette question sera prise au sérieux. Ce qui ne veut pas dire que le risk manager s'accaparera le rôle de construire et mettre en place les plan de gestion de crise (cf article "le rôle du Risk Manager dans la gestion de crise").
Pour conclure, ce rappel : Ce sont les hommes qui transforment en crise les chocs subis par l'entreprise...
Loïc
Posté le 03.01.2008 par riskmanagerloictournez
Voici le premier des grands volets du dispositif de gestion de crise, le rôle du Risk Manager. Cette question nous est particulièrement importante en tant que Risk Manager pour pouvoir définir au plus prêt notre place dans l'entreprise.
Le rôle du Risk Manager dans une gestion de crise n'est pas unique et correspond à une culture d'entreprise, dont découle une place particulière du Risk Manager dans l'entreprise, dont découle également une manière particulière d'exercer son métier.
Cas 1 /
Scope : Nous sommes ici dans le cas d'une entreprise où le Risk Manager a un pouvoir décisionnel fort. Il est la personne qui va extraire les risques, les étudier, les evaluer, construire les scenarios et les plans à l'aide de son réseaux. Il est un véritable chef d'ochestre. Logique : "
Faire les choses soit même assure que les choses soient faites".
Sa mission comprend 3 volets :
1/ L'Opérationnel
2/ L'Intelligence
3/ Le Réseau
1/ En mode opérationnel, le risk manager travail comme vous le savez, en préventif et à chaud. Le travail préventif d'une gestion de crise revient tout simplement à faire l'essentiel d travail de risk manager, c'est à dire identifier, localiser, évaluer les risques et leur mettre un seuil d'alerte. Il y a aussi traditionnellement la gestion les relations avec assurances et courtiers et l'alimentation d'une culture "risque" au sein de l'entreprise. Il faut donc ajouter la touche finale de la prévention d'une gestion de crise, trop souvent oubliée, l'entraînement ! Le risk manager doit pouvoir impulser avec l'aval du board une simulation liée à l'un des scénarios préparés. Qui dit exercice dit mise au rouge des signaux d'alerte, application des procédures et process, évaluation et formation.
A chaud, il évalue les alertes, coordonne les échanges entre acteurs de la crise et DG, et anime la célulle de crise (dont nous parlerons prochainement plus en détail).
2/ En mode "intelligence", le risk manager applique ce qui fait sa plus grande spécificité selon moi. En effet, il est celui qui a le plus la possibilité de lié au plus profond de l'entreprise un évènement extérieur avec l'impact qu'il pourrait avoir. Il faut donc être alerte sur ce qu'il se passe dans l'environnement de l'entreprise, à la façon de l'intelligence économique (on retrouve d'ailleurs ce même terme d'intelligence). Je ne connais pas encore assez bien l'intelligence économique pour pouvoir comparer plus profondément, mais il me semble que l'environnement pris en compte par le risk manager est plus large que celui réservé au scop de l'intelligence économique. Non?
Ce travail d'intelligence se résumerait à de la veille (actualité, analyse des signaux faibles, suivi des risques émergents, informations sur les crises externes...). Plus spécifiquement à la gestion de crise, il faut aussi être capable d'animer le "Retour d'Expérience" en interne et d'optimiser le système. N'oublier pas de centraliser tout ça autour deux sorte de documentations, l'une technique, détaillée et technique, et l'autre communicative, compréhensible, mobilisable et mémorisable.
3/ Le risk manager n'échappe pas à son rôle de "réseauïficateur", encore plus pour ce qui est de la gestion de crise. Il doit donc rapprocher par temps calme (préventif) les services qui auraient à collaborer en cas de crise. Il doit donc bien noter ces rapprochements lors de son travail d'évaluation des risques notemment. Il y a des rapprochements qui sont automatiques via la cellule de crise, mais d'autres qui dépendent de la nature de la crise. L'efficacité demande à ce que toute l'entreprise ne soit pas paralysée parce que tout le monde planche sur une crise dont nombreux ne pourront très certainement pas apporté de valeur ajoutée à sa résolution. Une fois le réseau mis en place, il doit en être un animateur. Il fera se travial par le biais de correspondants identifiés dans chaque service et région. Et enfin, chose très importante et dont il faut savoir se servir, la relation avec les partenaires extérieurs et le benchmarking. Les pouvoirs publiques sont un vaste monde, il faut savoir à quelle porte frappées, ce n'est souvent pas celle qu'on croit. Il faut donc prospecter et maintenir une relation. Le partage d'expériences avec l'estérieur et en particulier, pour le coup, entre risk manager est essentiel. L'adhésion à une association commune est un gros plus pour permettre des échanges d'expérience par la suite. C'est une préoccupation pour tout risk manager, ce qui ests normal. Rappelons que le RM ne doit pas être seul dans une tour d'ivoire, au contraire....
Pour Conclure, ce rappel de Peter Drücker (1973), "Ce qu'il y a de positif dans la crise, c'est qu'elle va enfin permettre aux managers de mettre en application ce qu'on leur a appris". A méditer...
Cas 2/
Scope : Nous sommes dans le cadre d'une entreprise où le risk manager a un pouvoir décisionnel dans le domaine de l'assurance, mais en tant qu'opérationnel "risque", il est une sorte de "psychologue" du risque.
Il ne touche pas personnellement au risque, il n'en partage pas la propriété. Il ne fait que permettre au propriétaire du risque de faire ressortir et prendre conscience de ce dernier, et veille à ce que des actions soient prises pour le contrôler au cours des "consultations" suivantes. Cela demande également une méthode et peut s'avérer très efficace. Cette manière de manager, non plus les risques, mais les opérationnels sur leurs risques, peut s'avérer très efficace si elle est maintenue et soutenue.
Logique : "
Le risk manager aura réussi son travail quand des réunions, partout dans l'entreprise, auront pour objet les risques et que ces dernières se dérouleront sans lui".
Dans ce cas, par rapport à la première méthode, le risk manager n'aura plus ce rôle d'animateur/coordonateur, de chef d'orchestre. Il restera dans son rôle de "psychologue" des risques en attribuant cette tâche au propriétaire du Plan de Gestion de Crise.
Comme vous le savez, le plan de gestion de crise est unique pour chaque grand scenario identifié. Le scenario, de par sa nature, touche une problématique qui correspondra plus à une fonction qu'à une autre. Dans ce cas, le risk manager doit veiller à ce que le "bébé" soit attribué à la bonne personne (compétence métier et comportementale), que cette personne en ait conscience, qu'elle prenne son rôle à coeur, et que d'elle même, elle s'identifie au plan , le construisant, l'actualisant, et puisse communiquer dessus.
Grâce à cette place et autonomie "consciente" laissée à l'opérationnel, ce dernier, "Owner du plan de gestion de crise", décidera s'il peut ou non être aussi "animateur" en cas de crise. Elle peut prendre ce rôle si son caractère lui permet, mais il peut également le déléguer à une personne de son service, moins informée et moins experte mais avec un caractère digne d'une telle position (dynamisme, force de caractère, sang froid, voir maitrise des langues etc). L'implication, non plus d'une personne, mais d'un service est d'autant plus garantie ainsi que l'efficacité lors du moment fatidique.
Loïc
Posté le 18.01.2008 par riskmanagerloictournez
Notre promo en Risk Management à l'ESM-A se construit. Beaucoup de messages sont envoyés de ma part sur différents sites pour la faire connaitre. La filière est trop belle, et peut plaire à tant de personnes qu'il faut bien que ces deux éléments se réunissent. Nous voila donc tombés, non pas dans l'Agence tout Risque, mais l'Agence matrimoniale... Pardonnez cette définition très réductrice de la situation.
Plus sérieusement, je veux en venir à la situation plus générale et causale de l'orientation scolaire, en France notemment. Je ne pourrais même pas me permettre de dire qu'elle est inefficace dans la mesure où elle n'existe pas pour être franc. Parler d'orientation scolaire en l'état actuelle des choses, revient plutôt à parler "Marketing scolaire" pour les plus chanceux, ou de "mise dans une case" pour les plus "limite" scolairement.
On en est arrivé à une situation où les élèves et étudiants les plus perdus sont confrontés au cours de leur cursus à des "Réorientations". Comme s'ils avaient déjà été orientés avant! Pourquoi étaient ils perdus alors?
Voila ce qui est proposé pour aider un jeune à connaitre l'espace du possible par rapport à sa personnalité (qu'il connait encore très peu si ce n'est en fonction des amis avec qui il est sur le moment) et ses possibles capacités s'il était dans un environnement motivant lui permettant d'établir des projets.
En attendant un système efficace et généralisé, pour s'orienter il faut être fort. Il faut savoir faire des choix, avoir une personnalité qui le permette, un environnement proche qui soit alerté et informé sur le sujet, une importante curiosité pour rechercher quels sont les caractéristiques de nombreux métiers (dépassant le stade du salaire et du prestige, ou de la quantité de travail pour y arriver...), savoir où se renseigner en dehors des conseils d'enseignants, de conseillères d'orientation dont l'efficacité dépend trop de la personne, ou de CIO dont l'information ne dépasse pas celle des publications "marketing" données sur les plaquettes.
Est ce que vous verriez un enfant de 3ème connaître le Risk Management si ce n'est qu'un de ses proches fait se métier, ou s'il est très très curieux ? Bien entendu que non, au mieux il aura entendu parler du management, ce qui est très peu parlant. Et pourtant, connaitre à cet âge un tel niveau de précision des métiers, permettrait à l'élève de très vite faire des choix concernant ses études en Lycée. Le niveau d'étude final qu'il est préférable d'avoir et le profil des candidats le guideront à choisir une filière adaptée dès le départ. Conséquences : motivation supplémentaire, alimentation de la curiosité, moins d'échecs, et une meilleure répartition des élèves moins "moutonneuse" dans les différentes filières. J'irai encore plus loin en espérant voir ainsi des managers plus compétents et un déficit moins grand dans les années à venir de candidats cadres pour remplacer ceux partis à la retraite (amplifié par la montée de nouvelles fonctions de cadres liées à la RSE, la qualité etc).
Ceci nécessite un accompagnement "professionnel" pour pallier aux inégalités de contexte. Ces professionnels peuvent être des sortes d'Outplaceur version Inplaceur, qui ont l'avantage de la connaissance du marché, des entreprises ou de la fonction publique, qui ont des méthodes strictes d'analyse de la personnalité, un savant sens de l'écoute, et qui sont in fine des managers, soit "
de savoir faire de personnes ordinaires des personnes exceptionnelles".
La loi du plus fort doit enfin cesser dans ce domaine, l'orientation est universelle et structurante. Elle ne doit plus être inégalitaire et destructrice. Employer un dérivé de "destruction" est un euphémisme car elle poursuit l'individu parfois tout au long de sa vie dans un environnement économique ne donnant que très peu de chance à des "profils" de non excellence et atypiques. La destruction structurante qu'elle est véritablement devient alors une démolition pure et simple.
En espérant que cela vous fera réfléchir quant à vos chances ou malchances que vous avez eu de ce côté, et en attendant que quelque chose bouge, soyez présents pour vos enfants, en oubliant toute tentative d'influence, ce qui ne serait pas non plus une orientation mais "mise en case" dès tout petit. vous ne risquez pas que de démolir ce que pourrait être un être dans la société, mais un individu tout court. Vouloir suivre les traces des ses parents doit encore une fois venir de soi. N'oubliez pas que vous êtes des managers : Savoir faire de quelqu'un d'ordinaire quelqu'un d'exceptionnel. Appliquez le à vos enfants.
Une grande pensée à ma fille Alwenna.
Posté le 30.01.2008 par riskmanagerloictournez
Quel bel exemple encore une fois, tout droit servis sur un plateau pour alimenter en information une rubrique de décryptage d'actualité par rapport au Risk Management.
Jérome Kerviel, un soit disant "génie", a en tout cas été, pour rester objectif et professionnel, une cible pour une communication de crise. bilan : Mitigé à court terme, très mauvais selon moi à long terme. Comment faire pour éviter de parler d'un sujet dérangeant? Parler d'un autre plus facile à maîtriser, il ne suffit qu'à débaler, à "mystifier" ce que personne ne pourra vérifier, rendre le fléau "imparable" par le même biais, rendre la crise "virtuelle" in fine. Mais derrière....
Derrière il y a tout un système de pratique de biaisage des informations communiquées et controllées pour être un trader plus riche et reconnu. Jérome Kerviel devait être tenté, ne touchant que 100 000€ par an, ce qui est peu pour ce type de métier. Ce jeune homme, loin en réalité d'être un génie, où alors son école à Lyon serait "passer à côté" comme le dit un enseignant. Il a tout simplement fait la même chose que les autres, profité d'une faille que tout le monde connaissait, mais à une période de forte instabilité financière.
Devenu boucémissaire et génie, il est aussi pour moi devenu l'exemple type des conséquences, dans un milieux où les risques sont super controllés et gérés, d'un laxisme de la gestion des risques. On se croit invulnérable, on sous estime le risque, on laisse certaines pratiques connues déjouer le système mis en place pour maitriser les risques, et voila. Il suffit d'une faille, à un endroit, dans un système pourtant vérouillé, pour que la crise s'installe.
coupable : Kerviel est bien entendu coupable parce qu'il a fait comme les autres et pris le risque, pour sa rémunération. Mais alors que les Trader sont des "risk lover", il est bien nécessaire que la machine impose une injection de "risk adverter", au nom de tous les employés de l'entreprise, clients et partenaires, mais aussi tout un système et une société. L'enjeux est de taille, les risques ne doivent pas être pris de la même manière. Pour des raisons d'argent, de profits maximum et de recrutement de forts potentiels, on laisse les risk lover prendre le dessus.
Voila, ce n'est selon moi pas plus compliqué et Mr Kerviel n'est pas un génie. S'il vois ce texte, il sera certainement d'accord avec moi. Il n'y a pas, pour un novice que je suis en finance, mais plus averti en risk management, de problèmes plus techniques à aborder en tant qu'observateur extérieur, car la source du problème réside en un laxisme et une acceptation du risque par la direction. Si la banque est en difficulté de ce fait, et que ce sont les contribuables français qui vont devoir payer pour soutenir et réparer, alors, la direction de la SoGé doit rendre des comptes et démissionner. Si le CA n'accepte pas la lettre de démission déposée par Mr Bouton, c'est que celui ci approuve cette gestion preneuse de risque quand elle naît dans l'obscurité et rapporte. De quoi entamer encore la confiance des français de ce qu'il en est dans le monde économique et politique. Surtout qu'on apprend aujourd'hui que le CA a accepté la demission de Boutin en tant que Président de la SoGé...pour l'accepter au sein des administrateurs, au sein de ce groupe restreint de personnes qui peuvent siéger au CA du voisin.
Je ne peut blâmer leur stratégie personnelle, ils ont réussi, j'en serait fier moi aussi à leur place. Mais voyons, restons responsable, encore plus responsable. Facile à dire peut être mais il faut déjà y penser et en faire la preuve quand cela n'est pas difficile à faire...On ne me fera pas croire que monsieur Bouton, aussi doué qu'il doit être, est indispensable pour la SoGé...
Posté le 30.01.2008 par riskmanagerloictournez
"La France s’inquiète d’une possible fuite de ses cerveaux, notamment vers les États-Unis. Les chiffres globaux semblent pourtant rassurants : moins de 2% des scientifiques français partent en Amérique du Nord, un taux bien inférieur à celui des pays voisins, et la France attire des scientifiques des pays étrangers, y compris développés. Des études sectorielles plus précises, notamment l’étude de deux disciplines universitaires, l’économie et la biologie, révèlent cependant une réalité préoccupante : 40% des chercheurs français de premier rang seraient aux
États-Unis. Contrairement aux idées reçues, la plupart n’ont pas quitté la France par dépit mais sont partis aux États-Unis dès leur thèse ou leur post-doctorat. Par la suite, les conditions accordées en termes de salaire, de conditions matérielles, de budgets de recherche et de responsabilités qu’ils se voient confiées, même en début de carrière,
les convainquent de rester.
Faut-il pour autant fermer nos frontières ? Non, car une expérience internationale est très bénéfique pour un chercheur. Ainsi, près de la moitié de nos meilleurs chercheurs actuels en économie ou en biologie travaillant en France ont eu une expérience de recherche à l’étranger. Il s’agit donc pour notre pays de limiter cette fuite de hauts potentiels, tout en encourageant la mobilité de ses chercheurs.
Pour y parvenir, on peut accroître l’attractivité nationale pour les chercheurs les plus brillants. Plusieurs mesures récentes, visant à reconnaître l’excellence et à offrir de bonnes conditions de retour, vont dans le bon sens. Nous proposons d’aller plus loin en permettant des traitements différenciés fondés sur l’excellence. En outre, renforcer
la fonction ressources humaines des universités et institutions de recherche permettra de proposer de façon réactive des solutions individualisées aux chercheurs que l’on souhaite garder ou faire venir en France. On peut aussi mieux encadrer la mobilité de nos étudiants (notamment en améliorant le suivi des docteurs par les universités) et de nos chercheurs.
Ceux qui souhaitent poursuivre leur carrière aux États-Unis ne doivent pas être onsidérés comme perdus. On peut par exemple offrir la possibilité à des chercheurs à l’étranger de travailler en France quelques mois par an, et de devenir ainsi des “ chercheurs transnationaux ”. Enfin, les scientifiques français expatriés peuvent constituer des têtes de pont et des ambassadeurs efficaces au sein de réseaux scientifiques. Une institution prestigieuse, comme l’Académie des Sciences, pourrait distinguer certains de ces expatriés, qui animeraient ces réseaux, aujourd’hui latents. Une chaire tournante au Collège de France, occupée par un chercheur à forte expérience internationale et dédiée chaque semestre à une discipline, constituerait également un catalyseur de rencontres et d’échanges transatlantiques."
voici le Résumé d'un rapport fait par un ingénieur de l'école des mines de Paris.
Ce rapport est interessant de par son sujet, et c'est pourquoi j'en fais ici profiter les risk manager pour que la question soit posée.
Il faudrait essayer de recentrer les efforts à faire du côté de l'entreprise. Certe les cerveaux "fuient", mais les entreprises qui peuvent se permettre de recruter un des ces cerveaux sont le plus souvent transnationales. La fuite des cerveaux pour une entreprise s'envisage par la fuite vers les concurrents. Cependant, toutes les entreprises ne sont pas transnationales, les PME peuvent aussi avoir des "cerveaux", et qu'en vient même, la fuite chez le concurrent reste aussi la conséquence d'une gestion fortement imprégnée d'une culture, elle même fortement imprégnée de celle d'un pays, donc nous retombons sur le même problème.
Il faut prendre en compte cette question au sérieux, au moins l'avoir à l'esprit, et être sûr que le knowledge management et le suivi des carrières se fasse correctement. S'il est possible aussi de faire du lobbying auprès de l'Etat pour que les choses évoluent, c'est encore mieux.